Blog des Laissé(e)s pour Compte / (Dpt 83)

16 octobre, 2011

Cultures d’Exclu(e)s

blc83 @ 20:17

Cultures d’Exclu(e)s : Un documentaire sur l’exclusion réalisé dans les rues de Toulon

La réalisation de ce document a été initiée en novembre 2006, en réaction à une dérive politico-médiatique entretenant & encourageant la stigmatisation à l’encontre des « assistés ».

Elle a mobilisé une trentaine d’exclus de notre société de consommation, aux abords de l’association « Archaos » de Toulon, permettant l’accueil (de 09h à 13h) et la domiciliation administrative de sans domicile fixe.

La plupart des exclus impliqués dans ce film sont désocialisés depuis plus de dix ans, certains n’envisageant même plus aucune réinsertion possible dans une norme sociale qu’ils considèrent comme étrangère à leurs valeurs, à leurs convictions.

Il s’agissait de leur permettre de prendre la parole, une parole à laquelle notre société n’accorde aucune valeur, aucune importance, afin de rétablir une information dont ils s’estiment dépossédés.

Ce document ne répondant à aucune commande politico-économique, il n’a bénéficié d’aucune reconnaissance sociale (en termes « d’utilité ») et d’aucun soutien financier.

Il n’a pu se finaliser qu’à travers la solidarité directe entre chacun des « acteurs », en marge de tout encadrement social.

Il a été publié sur YouTube, où vous pouvez le consulter librement, via la chaîne : Altern’Actives Productions

Clip de présentation du Documentaire :
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Vous pouvez aussi visionner librement le documentaire, en cliquant simplement sur les liens suivants :

Cultures d’Exclu(e)s : Séquence 01/15 (Préambule)

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Cultures d’Exclu(e)s : Séquence 02/15 (Introduction)

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Cultures d’Exclu(e)s : Séquence 03/15

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Cultures d’Exclu(e)s : Séquence 04/15

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Cultures d’Exclu(e)s : Séquence 05/15

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Cultures d’Exclu(e)s : Séquence 06/15

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Cultures d’Exclu(e)s : Séquence 07/15

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Cultures d’Exclu(e)s : Séquence 08/15

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Cultures d’Exclu(e)s : Séquence 09/15

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Cultures d’Exclu(e)s : Séquence 10/15

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Cultures d’Exclu(e)s : Séquence 11/15

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Cultures d’Exclu(e)s : Séquence 12/15

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Cultures d’Exclu(e)s : Séquence 13/15

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Cultures d’Exclu(e)s : Séquence 14/15

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Cultures d’Exclu(e)s : Séquence 15/15

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  •     « Cultures d’Exclu(e)s » : Un documentaire sur l’exclusion

Ce documentaire, réalisé par Cyril Cossu dans les rues de Toulon, donne la parole aux exclus, une parole délivrée des idées reçues. A travers ces témoignages il nous conduit à réinterroger la norme et l’insertion : « il faut d’abord croire au monde pour pouvoir s’y insérer, croire en l’avenir pour pouvoir engager sa vie, être en accord avec soi même pour impliquer son action ». Une logique pleine de bon sens qui devient pourtant déroutante puisqu’elle remet en question nos modes de vies et de pensée. Rencontre avec le réalisateur, Cyril Cossu.

- A l’origine, comment un tel projet a-t-il germé ?  

    Depuis l’enfance je suis confronté à l’exclusion, je l’ai découverte dès mon entrée à la maternelle, dans la cour de récréation. L’exclusion, à mon sens, c’est se découvrir différent. Je n’ai pas choisi de me retrouver à la marge, ce sont les enfants dits « normaux » (et majoritaires !) qui me l’ont imposé. On ne choisit pas d’être gros ou maigre, noir ou blanc, sensible ou indifférent… L’exclusion, c’est avant tout les jugements de valeurs véhiculés par les normes en vigueur, à l’époque où l’on nait…
    Depuis lors, plusieurs questions n’ont jamais cessé de me hanter : « En quoi suis-je différent des autres ? Comment vais-je pouvoir m’intégrer dans cette norme à laquelle je n’adhère pas et qui elle-même me rejette ?… » Pendant mon parcours ces problématiques sont devenues récurrentes, malgré des études aux Beaux Arts, je n’ai pas trouvé de place au sein de cette société, si ce n’est celle de clochard… Et au fond, c’est toujours parmi les marginaux, les « parasites » que j’ai trouvé soutien et reconnaissance… A l’issue de mes études, je me suis retrouvé au R.M.I. avec un bac +4, « faute de relations », dans l’impossibilité d’accéder à un logement, de trouver un médecin acceptant la C.M.U., et dans l’obligation de faire face au mépris de rigueur au sein des méandres de l’assistanat…
    J’ai commencé par noter les formules d’usage effarantes qui m’étaient débitées dans chaque bureau, et qui ont fini par me provoquer des réactions cutanées allergiques. Au sein du centre d’accueil pour sans domiciles fixes où j’ai dû me domicilier, j’ai découvert, parmi mes camarades de galère, des situations de souffrances et de détresse bien pires… 
    - Quel a été l’élément déclencheur qui vous a poussé à réaliser ce film?  
    Lors de la dernière campagne présidentielle, les discours politiques ont franchi un nouveau cap : au-delà de la banalisation de leur souffrance, les « pauvres » devenaient responsables de leur pauvreté et des dérives sociales. J’ai voulu réagir pour faire émerger une parole alternative en sollicitant les témoignages d’exclus de longue durée semblant refuser depuis toujours ce modèle de société… D’où leur exclusion inexorable !…
    - Quel discours avez-vous alors trouvé ?
    J’ai d’abord trouvé des êtres humains aux grands cœurs, porteurs d’idéaux, de valeurs et de convictions que notre prétendue évolution rejette. Toutes ces valeurs jetées sur le trottoir me sont alors apparues comme un « vestige de l’humanité ». Tous souhaiteraient s’engager pour un « monde meilleur » ou pour « le bien de l’humanité » mais ces aspirations ne sont pas au programme de l’insertion, faute de rentabilité « commerciale » !!! « Le bien, la fraternité, ça ne paye pas le loyer » ! Il suffit de lire dans le dictionnaire la définition de « société de consommation » pour constater qu’elle inclue l’exclusion dans son mode de fonctionnement !… De quoi parle-t-on dès lors, lorsque l’on prône l’insertion ?
    Pour s’intégrer, on leur demande de renoncer à leur libre arbitre, à leur intégrité, à leur sensibilité, qui sont tout simplement devenues des tares aux yeux de la norme comme la solidarité, la fraternité voir l’acte même de penser! Les exclus que j’ai pu rencontrer ne veulent pas de cette société, ils demandent juste de pouvoir vivre autrement… On ne leur propose aucune autre alternative qu’une adaptation forcée et un avenir de valet de chambre…
    Certains se retrouvent enfermés en hôpital psychiatrique simplement parce qu’ils ne trouvent pas de place ailleurs ! L’un d’eux me disaient : « Je ne sais pas ce que j’ai comme maladie… On me reproche simplement ma façon d’être et de penser, le fait que je dise que je ne peux pas être autre que ce que suis… »
    Dans la Grèce antique, ces gens là, seraient des sages, des philosophes, des poètes… Aujourd’hui, il n’y a simplement plus de place pour les poètes dans les rayons des supermarchés. La sensibilité est pourtant la base de notre existence, le moteur de notre pensée…
    Au fond, le problème est : « qui a envie de penser ? » - Cette vision semble désespérée, sans issue, et pourtant vous poursuiviez certainement un rêve en réalisant ce documentaire ?

    Penser n’est pas une maladie et ne devrait pas apparaître comme un desespoir…

    Le seul rêve que je poursuis depuis ma plus tendre enfance est celui d’être heureux… Cette aspiration ne devrait pas non plus paraître comme un « rêve »…
    Néanmoins, pour l’A.N.P.E. ou les travailleurs sociaux cette aspiration ne constitue pas « un projet de vie », il n’est qu’un « fantasme », une « utopie »… A qui la faute ?
    J’aimerais trouver un espace viable pour tous ceux qui ne peuvent pas se reconnaître dans les « valeurs » prônées par notre société : le racolage, la compétition, le culte de l’apparence, le matérialisme, l’égoïsme, la superficialité, l’hypocrisie, la vénalité… Un autre mode de vie possible, qui offrirait une réelle alternative.

    Lors de la réalisation de ce film j’ai été confronté aux mêmes problématique perverses de notre système « d’insertion » sociale :

    Les professionnels de l’insertion voulaient s’approprier le film pour en faire une vitrine publicitaire de leur boutique, j’ai ainsi eu des promesses d’embauches et j’ai aussi pu faire jouer la concurrence entre les différentes associations spécialisées dans le domaine qui voulaient s’approprier les droits d’auteur… Dans le même temps ces organismes me demandaient de censurer les témoignages desobligeants à leur encontre, de dénaturer donc les propos des intervenants du film… Telle était la « règle du jeu » : se servir  du public que l’on est censé « aider » pour conforter ses interêts professionnels et matériels, préserver son emploi, ne pas se mettre à dos les financeurs et les subventionneurs… J’étais ainsi confronté à un « choix » pervers : assurer mon « insertion » aux dépends des personnes que j’avais filmées et de leurs vérités ou rester dans la précarité et l’exclusion faute de « maléabilité »… C’est à mes yeux répugnant, mais il s’agit aussi simplement d’un mode de fonctionnement « normal » et banalisé de notre société capitaliste.

    Face aux attitudes des professionnels de l’insertion et à leurs multiples « techniques » commerciales de manipulation, j’ai alors refusé de vendre ce film et l’ai déposé à la SCAM afin de le protéger. Chacun des intervenants en est ainsi devenu co-auteur et accepte toute diffusion dans la gratuité à la seule condition que leurs propos ne soient pas dénaturés. 
    En permettant aux personnes de s’exprimer, j’ai déjà atteint un de mes objectifs : leur donner le courage de dire ce qu’elles pensent et leur permettre de surmonter les sentiments de honte, de culpabilité ou d’indignité que notre société leur renvoie.
    A travers leurs témoignages c’est notre ordinaire que je voudrais interroger. Si ce film pouvait devenir un outil pour interpeller et susciter le débat, peut-être que ces marginaux seraient reconnus pour leurs différences et par la même, peut être cesserions nous d’avancer tête baissée en prenant pour excuse la mondialisation ou la fatalité…

    Cyril COSSU

     

    Culture d’Exclu(e)s : Voir un Ami Pleurer (Jacques Brel, interprété par Laurent Viel)

Une Réponse à “Cultures d’Exclu(e)s”

  1. Laurent dit :

    Aujourd’hui, il y a beaucoup d’associations qui prétendent aider les pauvres ou juste leur parler d’ « insertion »…

    Mais les seules personnes qu’elles aident c’est les personnes qui bossent dedans ! La solidarité, c’est simplement devenu un commerce, une industrie. Il n’y plus d’ « assistants » mais des marchands. Des marchands de clochards !… Des marchands qui ont peur de se retrouver eux-mêmes à la rue, si ils font pas le boulot dégueulasse qu’on leur demande de faire, ou des marchands qui méprisent tous les pauvres qu’ils reçoivent, sans aucune conviction, qui font juste ce boulot-là parce que ça embauche, comme ils feraient vigile ou flic. Sauf que, sans les pauvres, ils n’auraient plus de boulot et qu’ils seraient tous au chômage… Alors ils sont bien contents qu’il y en ai autant. Ils ne manifestent pas pour les droits des plus démunis, ils ne dénoncent pas les injustices, ils empochent juste leur pognon sur le dos de tous ceux qui crèvent sous leurs yeux indifférents. Le pognon de tous ceux qui votent en demandant toujours plus de sécurité ! Et de pouvoir faire la queue au supermarché ! La boucle est bouclée. Les pauvres sont bien encadrés. Ils n’ont qu’à baisser leur froc pour avoir quelques miettes. Et ils le baissent. Voilà, c’est tout.
    Merci.
    Laurent

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